Traitement anti-VIH à long terme : que dois-je savoir ?

Afin de contrôler au mieux l'infection au VIH et la quantité de virus dans le sang (charge virale), il est important de prendre un traitement antirétroviral (ARV) en suivant les prescriptions du médecin.1

Comme pour tout médicament, il est normal de s'interroger sur les effets à long terme de ces traitements.

Cliquez sur les questions ci-dessous pour en savoir plus. N'hésitez pas également à poser toute question qui vous préoccupe à un médecin.

  • L'objectif des traitements antirétroviraux actuels (ARV) est de maintenir les personnes vivant avec le VIH (PVVIH) en bonne santé, en évitant la progression de la maladie vers le stade SIDA.1
    Il est fréquent d’entendre parler « d’indétectabilité » lorsque l'on parle du VIH et de traitement ARV. Ce terme est employé lorsque l'on parle de la charge virale : cela signifie que la quantité de virus dans le sang ne peut être détectée dans les analyses sanguines.2
    Avec les traitements actuels, l’objectif est de rendre la charge virale dans le sang indétectable en quelques semaines à quelques mois (CV < 50 copies/mL).1,3 Des tests sanguins sont réalisés régulièrement pour s'assurer que la charge virale demeure indétectable dans le temps.4
    Aujourd’hui, une personne vivant avec le VIH, traitée et dont la charge virale est indétectable depuis plus de 6 mois, a un risque négligeable de transmettre le virus à son partenaire lors d’un acte sexuel non protégé.3

  • Les traitements ARV ont pour but de diminuer les effets négatifs du VIH en l'empêchant de se multiplier dans le sang.1
    Il est important de prendre son traitement comme prescrit par le médecin pour que la quantité de virus dans le sang n’augmente pas et ne redevienne pas détectable lors des analyses.2
    Si le traitement n'est pas pris régulièrement et selon les prescriptions médicales, le virus risque de fabriquer une variante de lui-même qui ne pourra pas être supprimée par les traitements ARV : on parle de virus résistant. Cela peut réduire le nombre d'options de traitements disponibles.1

  • Prendre un traitement ARV régulièrement peut s'avérer difficile pour certaines personnes. Différents facteurs peuvent impacter la prise du traitement chez les personnes vivant avec le VIH : 5

    • stigmatisation,
    • survenue d'effets indésirables,
    • addictions,
    • caractéristiques liées à l’âge telles que la prise de plusieurs médicaments pour d’autres maladies,
    • difficultés à se rendre aux RDV médicaux ou à parler aux médecins, etc.

    Dans certains cas, le traitement peut également ne pas être en adéquation avec le rythme de vie de la personne concernée.6
    Il est alors essentiel de parler à un médecin si la prise de son traitement s'avère compliquée. Le médecin pourra adapter le traitement en cas de nécessité.6
    Des associations sont également disponibles et à l'écoute pour aider les PVVIH notamment Sida Info Service : https://www.sida-info-service.org / 0 800 840 800

  • Chez certaines personnes, les traitements ARV peuvent provoquer des effets indésirables, on parle de « toxicité des ARV ». Cette toxicité est plutôt due au médicament lui-même qu’à une réaction négative de l’organisme, par exemple de type allergique.7
    La toxicité sur le long terme des traitements ARV est une préoccupation fréquente : il est tout à fait légitime d’y penser, comme 72 % des personnes vivant avec le VIH l’ont indiqué dans une enquête récente.8*
    Ce n’est en revanche pas une fatalité, pour plusieurs raisons :
    La prise en charge du VIH a évolué et de nouveaux traitements, moins toxiques que les précédents, sont maintenant disponibles.9
    Par ailleurs, limiter la toxicité potentielle des traitements est un objectif de prise en charge.1,9

  • Prendre deux ou plusieurs médicaments en même temps peut parfois influencer leur mode d'action. On parle alors « d’interactions médicamenteuses ». Elles peuvent entrainer des effets indésirables ou diminuer l'efficacité du traitement.7
    En cas de prise d'autres médicaments (pour d'autres maladies, par exemple, ou des compléments alimentaires) ou en cas de consommation de drogues récréatives, il est important d'en parler à un médecin ou à un pharmacien.
    Le médecin pourra alors prescrire un traitement ARV adapté pour éviter les interactions médicamenteuses.
    Pour en savoir plus sur les traitements antirétroviraux, vous pouvez consulter l'article sur les traitements ARV disponibles.

*« Positive Perspectives » est une enquête qualitative détaillée (questionnaire en ligne) menée dans 9 pays de novembre 2016 à avril 2017. Les personnes vivant avec le VIH étaient éligibles à cette enquête si elles avaient plus de 18 ans et étaient séropositives. Le processus de sélection des participants impliquait la réalisation d’un pré-questionnaire suivi d’un entretien téléphonique.10

  1. Prise en Charge Médicale des Personnes Vivant avec le VIH - Sous la direction du Pr Philippe Morlat et sous l’égide du CNS et de l’ANRS – Initiation d'un premier traitement antirétroviral – Mise à jour Avril 2018.
  2. AIDES. Guide Vie Positive. Vivre avec le VIH et/ou avec une hépatite virale. 2015.
  3. Prise en Charge Médicale des Personnes Vivant avec le VIH - Sous la direction du Pr Philippe Morlat et sous l’égide du CNS et de l’ANRS – Prévention et dépistage – Mise à jour Avril 2018.
  4. Prise en Charge Médicale des Personnes Vivant avec le VIH - Sous la direction du Pr Philippe Morlat et sous l’égide du CNS et de l’ANRS – Suivi de l’adulte vivant avec le VIH et organisation des soins – Mise à jour Avril 2018.
  5. Schaecher K. L. The Importance of Treatment Adherence in HIV. Am J Manag Care. 2013; 19 (12 suppl):S231-S237.
  6. Prise en Charge Médicale des Personnes Vivant avec le VIH - Sous la direction du Pr Philippe Morlat et sous l’égide du CNS et de l’ANRS – Prise en charge des situations d'échec virologique – Mise à jour Novembre 2016.
  7. Prise en Charge Médicale des Personnes Vivant avec le VIH - Sous la direction du Pr Philippe Morlat et sous l’égide du CNS et de l’ANRS – Optimisation d'un traitement antirétroviral en situation de succès virologique – Mise à jour Juillet 2017.
  8. Young B, et al. Patient Experience & Views on Antiretroviral Treatment – Findings from the Positive Perspective study (conférence ID Week), 4-8 octobre 2017, San Diego, États-Unis. n = 1 111.)
  9. Troya J, Bascuñana J. Safety and Tolerability: Current Challenges to Antiretroviral Therapy for the Long-Term Management of HIV Infection. AIDS Rev 2016;18:127-37.
  10. Murungi A, et al. Experience of living with HIV: Diagnosis & Disclosure – findings from the Positive Perspectives study. Presented at the IAS Conference on HIV Science (IAS 2017), 23 26 July 2017, Paris, France. Poster : WEPED1423.